Certaines femmes ont une telle soif de découvertes qu’aucun
voyage, aucun périple ne saura jamais les contenter ou les rassasier :
porte-drapeau de ses aventurières, celle qui fût la première d’entre-toute :
Alexandra David Néel ! Sa motivation et sa ténacité font d’elle une femme
d’exception.
Née à Paris en Octobre 1868 dans une famille dont le principal voyage fut de déménager à Bruxelles quand la petite Alexandra avait 6 ans, l’enfant et la jeune fille qu’elle fut se distinguait déjà par un gout prononcé pour l’aventure et la liberté : elle fugue de très nombreuses fois entre 6 et 15 ans. Toujours rattrapée, elle finit par accomplir son rêve à 18 ans, lorsque elle enfourche une lourde bicyclette et, sans avoir prévenu ses parents, commence le trajet qui sépare la Belgique de l’Espagne : elle visite la cote d’Azur à l’aller, et le mont st-Michel au retour ! C’est déjà « le style » David Neel : elle choisit toujours l’itinéraire le plus long.
Assoiffée de voyages mais aussi de connaissances, Alexandra quitte ses parents afin de devenir élève en langues orientales à Paris. Esprit libre, ne se soumettant à aucun dogme ou institution, elle rejoint une loge maçonnique ; devient en parallèle à ses études comédienne et écrit même un traité d’anarchie !
Mais c’est en 1891 que la vie de la jeune femme est définitivement bouleversée : grâce à un héritage, Alexandra David part visiter le Nord de l’Inde : elle y est subjuguée par la philosophie, les temples tibétains, mais surtout l’Himalaya ! Le but de sa vie sera alors de retourner en Asie.
En attendant de repartir vers le toit du monde, Alexandra, féministe convaincue, épouse un ingénieur du nom de Philippe Néel, rencontré à Tunis au cours d’un voyage au Maghreb. Alexandra, peu faite pour les contraintes, se séparera toutefois rapidement, ne gardant de son mariage que la particule accrochée à son nom de jeune fille. En 1911, alors qu’elle part pour l’Asie, elle lui promet de revenir un an et demi plus tard au maximum…elle qui ne reviendra en vérité que quatorze années plus tard !
Elisabeth Badinter a bien du mal à mettre tout le monde d’accord : féministe pour les uns, ennemie de la condition féminine pour d’autres, la philosophe apparaît inclassable. Elle est encore aujourd’hui une figure majeure de la réflexion sur la condition féminine en France, n’ayant pas peur de prendre parole sur des sujets controversés (elle s’exprime par exemple, en faveur des mères porteuses).
Elisabeth Badinter est avant tout une intellectuelle, issue d’un milieu privilégié. Née en 1944 à Boulogne-Billancourt dans l’Ouest parisien, elle est la fille du grand précurseur de la publicité en France, et fondateur de Publicis Marcel Bleustein-Blanchet, société dont elle est aujourd’hui la seconde actionnaire et qui la fait figurer au rang des plus grands fortunes de France… Loin d’être une oisive rentière, Elisabeth Badinter est agrégée de philosophe, maîtresse de conférence à l’école Polytechnique, essayiste prolixe, spécialiste du Siècle des Lumières et prend régulièrement position sur des sujets ayant trait au féminisme. Elle porte le patronyme de son époux, le non moins célèbre Robert Badinter, qu’elle soutint en son temps dans sa lutte contre la peine de mort. Elle attendait alors son heure puisque ses publications controversées lui permirent de se faire connaître pour ses propres causes et pas uniquement en tant que « fille ou femme de ».
Auréolée d’une image sulfureuse, tour à tour journaliste, écrivain, danseuse nue… Colette n’a pas cessé de surprendre voire de choquer la société de son époque. Encore aujourd’hui, elle incarne le modèle de la femme libre. Née Sidonie-Gabrielle Colette en 1873 dans un petit village en Bourgogne, elle vit une enfance heureuse à la campagne avant de monter à Paris à vingt ans pour y vivre avec son mari Henri-Gauthier Villars surnommé « Willy ».
Celui-ci fait découvrir à sa jeune épouse de 20 ans Paris, ses cercles littéraires et sa vie de bohême.
Il profite néanmoins de sa naïveté et de son statut supérieur d’homme à l’époque pour signer du seul pseudonyme de Willy les souvenirs d’enfance en réalité entièrement écrits par sa femme : Claudine à l’école, La Maison de Claudine connaissent entre 1901 et 1903 un vif succès. Willy ne se contente pas de détourner les écrits de sa femme, il la trompe ouvertement.
Colette finit par se rebeller et entame une nouvelle vie sous le signe du scandale. Elle devient en effet danseuse nue au Moulin-Rouge ou au Bataclan, où ses pantomimes orientales font fureur. Elle s’affiche aussi librement avec ses amants qu’avec ses amantes, tout en restant officiellement mariée à Willy jusqu’en 1910, ce qui choque l’opinion et la presse qui la considère comme le symbole de la décadence. Elle continue en parallèle sa carrière d’écrivain en décrivant les coulisses de sa vie sulfureuse.
Il était une fois une femme aux multiples facettes : Françoise Giroud. Née en 1916, de son vrai nom France Gourdji, cette fille d’immigrés Turcs a toujours cherché à en faire plus, a montrer davantage d’énergie, de poigne et de combativité que tous les hommes qui l’entourait, face à la déception de son père, éploré de ne pas avoir un fils.
Elle
travaille dès seize ans, comme
petite sténodactylo, sans savoir deviendra une
figure incontournable du journalisme et du féminisme en
France. Touche à tout, elle travaille dans le cinéma comme scripte girl puis
comme scénariste. Car c’est pour l’écriture que Françoise Giroud a un talent
manifeste.
Combative, elle refuse l’occupation allemande et fait ses armes dans la résistance en compagnie de sa sœur, laquelle ne survivra pas à sa déportation au camp de Ravensbrück. Ce décès marque Françoise Giroud à vie, ayant été elle-même arrêtée par la Gestapo et incarcérée: elle restera une femme de conviction, affrontant toujours les risques, même lorsque par exemple, son appartement est plastiqué lorsqu’elle s’engage contre la guerre d’Algérie.








