C'est l'heure des "ça suffit". De temps en temps, il faut dire "stop". Et, par exemple, stop à "je pleure mon ex-" (personnellement, j'ai pris le parti de ne jamais m'y laisser aller, souvenez-vous). Inégalable, inaltérable, idéal(e), votre ex- occupe tout l'espace. Alors soit votre ex- ressemble tellement à votre père ou à votre mère (choisissez votre camp) que vous y avez perdu votre Oedipe, soit c'était vraiment l'homme/la femme de votre vie et il importe de courir très vite pour le/la rattraper.

Soyons objectifs : le goût de l'inachevé est le pire ennemi des décisions saines : "il/elle était fait(e) pour moi mais on s'est rencontrés au mauvais moment"... Et si maintenant c'était le bon moment ? Voila comment on peut être tenté de revenir vers un(e) ex-. Mais est-ce le bon moment pour lui/elle et est-il/elle vraiment/encore cette personne que vous avez manquée ? Attention à l'homme/femme de votre vie que vous n'avez jamais pu avoir : c'est avant tout parce que vous n'avez jamais pu l'avoir qu'il/elle est si magique...

N°2

Nous avons parlé des ruptures grotesques, nous n’avons pas évoqué le comble du grotesque : celui/celle qui rompt pour mieux revenir. Vous les connaissez : « Il fallait que je parte loin de toi pour réaliser que tu es toute ma vie ». On est libre d’y croire. De mon côté je prône le coup de tête-balayette. Et je n’oublierai pas cet ami qui m'appelle en pleurant, car Elle est partie. Elle ? Folle de lui, Elle l'a planté là?... Oui. Il est effondré.

 
Elle est partie. Il me raconte une histoire pas nette qui sent la mauvaise conscience et le mensonge jamais assumé. Il finit par laisser échapper, comme ça, sur l'air des lampions "En fait je lui ai dit qu'on devrait plus se voir... Mais c'était pour qu'elle revienne, comme au tout début..." Pauvre minable. "Elle ne prenait plus autant soin d'elle"... Et tu n'as plus qu'à prendre soin de toi. "Elle n'était plus au taquet", alors que toi, là, tu y es, s'pas ?...

Cela peut sembler effarant. Un proverbe hollandais dit bien "si tu veux aller à droite, tourne à droite, c'est tout". Cette simplicité anglo-saxonne ne tient pas compte de nos sentiments... Je me souviens aussi de cet ex qui, six mois après l’affront, se propose de revenir poser ses valises chez moi quelques jours en tout bien tout honneur. La conversation arrive vite à « ne sors pas le lit de camp rien que pour moi, on s’arrangera  ». Et au bout du douzième « nous ne dormirons pas ensemble, c’est bien clair ? », enfin le frêle esquif assume son drapeau pirate et s’échoue sur les plages du débarquement « je n’ai pas su te comprendre, reviens-moi… »…

Pourquoi n’avoir pas commencé par là ? Peut-on blâmer l’ex de s’avancer masqué(e) ? Il/Elle a blessé votre fierté, piétiné ce en quoi vous croyiez et ainsi gagné le premier round (youpi !). Il/Elle n’entend donc pas revenir pour se faire jeter à son tour, pas folle, la guêpe ! Il/Elle a bien vu votre tête : tout ça avait l’air terriblement douloureux ! Il/Elle revient donc en copain et si cela dérape ensuite, que voulez-vous c’est que son charme était irrésistible. Oui et bien on a sa fierté aussi de l’autre côté. Connard (-nasse).

Ami(e) ex, je ne vous hais point, ne vous y trompez pas. Mais si vous avez rompu et que vous voulez revenir, que vous soyez homme ou femme, pas la peine de faire votre sucrée ou de garder le menton haut : il va falloir faire des excuses. Toute autre attitude serait suicidaire. Si c’est pour vous la jouer « je veux bien te laisser me reconquérir », ne revenez pas.

Là aussi, j’ai une histoire, celle de cet ex avec qui m’a un jour facilité la rupture en me pressant de partir ou rester car il avait, je cite, « un autre plan en vue ». Rupture immédiate, ça c’est fait. Le lendemain, il rappelle « Alors, tu as eu peur de me perdre ? Prête à revenir au grand galop ? ». Si. Au mot près. J’avais déjà commencé à en rire et, trois mois plus tard, le fâcheux signe le tome 3, l’apothéose : « Te verrais-tu un jour revenir vers moi ? ». Vous avez bien lu : pas de « j’ai été un pauvre connard, je reviens à genoux », non ; c’était à moi de revenir et il était disposé à en parler... Retenez, messieurs, mesdames, que ce pauvre garçon n’a pas eu gain de cause. Il n'a eu qu'un « Non ». Franc et massif, clair et net, immédiat. Il était outré que je n’ai pas eu la délicatesse de faire au moins semblant d’hésiter… Voilà qui est vraiment drôle !...

Ami délaissé, rendez service à votre ex : ne la/le laissez pas revenir par pitié pour vous. Vous n’êtes pas une cause nationale, vous n’êtes pas une épave à la dérive sans lui/elle, vous êtes une personne qui traverse un moment difficile et vous avez besoin de soutien. La pitié, c’est pour l’abruti(e) qui a gâché sa chance en pariant trouver mieux que vous et qui revient aujourd’hui la queue entre les jambes. Ne confondons pas.

Suivant nos conseils complètement objectifs et sans le moindre a-priori anti-ex (;-), vous avez décidé de ne pas en reprendre : la nostalgie de l'ex n'est pas une fatalité et nous sommes là pour vous soutenir!



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