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Le plaisir au masculin

Plaisir au masculin Je sais ce que vous vous dites. Le plaisir au masculin ? 3 lignes suffiront. Et encore. En écrivant gros et espacé. Nul besoin d’avoir un GPS pour le localiser. Ses zones érogènes ? Parlez plutôt au singulier. Elle est entre la ceinture et les genoux. Au mieux. En tout cas, nul besoin d’être expert en biologie humaine pour comprendre comment ça fonctionne.

Ce que vous venez de lire s’appelle une idée reçue. Celle qui prétend que le plaisir masculin est basique, linéaire et d’une étonnante simplicité à obtenir. Bon, loin de moi la prétention de crier haut et fort que le plaisir masculin peut rivaliser avec son homologue féminin mais je m’insurge contre ce concept qui veut que nous soyons dénués d’intérêt anthropologique à ce niveau-là.

Certes nous n’obtiendrons jamais la multitude d’orgasmes successifs qui peuvent avoir lieu chez la femme tant au niveau de la quantité qu’au niveau de la qualité et des nombreuses façons tactiles ou psychologiques de les obtenir. Mais je pense que nous avons compris qu’en ouvrant un peu notre esprit et en étant plus à l’écoute de ce que les femmes ont à nous apprendre nous pouvons arriver à un plaisir plus complet et plus complexe.

Comme l’a dit un jour le génialissime Sting « à 40 ans, j’ai découvert la plénitude sexuelle en réalisant qu’il fallait écouter celle de la femme ». Dommage qu’il n’ait réalisé cette évidence que si tard. Durant des siècles, que dis-je, des millénaires, la femme n’a eu qu’un droit dans ce domaine : celui de satisfaire, sans fléchir, le plaisir bien rudimentaire de son mâle de partenaire. En ne cherchant point le sien voire en le simulant pour donner l’illusion d’une virilité infaillible. Et puis la révolution sexuelle a eu lieu, la femme a libéré son corps du joug masculin. Et l’homme a réalisé soudain qu’il savait bien peu de choses sur le sujet. Pire, il a réalisé que son plaisir était sommaire, pour ne pas dire archaïque. Sans consistance réelle. Sans plénitude absolue.

Petit à petit, il s’est intéressé. Il a écouté. Et il a compris (à l’instar de notre ami Sting) que la patience et l’écoute nourrissent le désir. Que l’entrée se devait d’être dégustée avant d’attaquer le plat principal. Qu’il ne fallait point omettre le dessert. Qu’il fallait prendre le temps d’écouter le corps de l’autre, de le comprendre, de s’abandonner. Que le plaisir est une mise en ébullition de tous les sens, de toutes les parties du corps. Qu’il peut se dessiner sous des formes simples faites uniquement de caresses. Qu’il peut être aérien, psychologique, impalpable, indescriptible. Qu’il peut être long ou court, inattendu ou espéré. A la fois tendre et sauvage.
Bref, il apprit que sa plénitude sexuelle devait être délocalisée du bas vers tout en haut jusqu’à la tête en passant par le cœur et l’envie.

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"du bas vers tout en haut jusqu’à la tête en passant par le cœur et l’envie", je retiens cette diagonale de bonheur et vais de ce pas vérifier que l'envie est bien au coeur... Je n'ai pas de doutes, j'ai juste besoin d'un prétexte et vous venez de le fournir avec brio! Merci Steph D.!


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